Le Cameroun renforce sa riposte contre les hépatites virales. Un important don d’intrants et d’équipements de laboratoire offert par Africa CDC a été réceptionné à Yaoundé au cours d’une cérémonie présidée par le Secrétaire général du ministère de la Santé publique, le Pr Louis Richard Djock, en présence du Dr Esso Linda, responsable de la lutte contre les épidémies et pandémies.
Par Gervais Fredy M

Le Cameroun se lance à la quête des données fiables. Un don composé notamment d’équipements de laboratoire, d’intrants et de réactifs, vient d’être offert en vue d’analyser les échantillons collectés sur le terrain auprès des femmes enceintes reçues en consultation prénatale. Il constitue un appui majeur pour la réalisation d’une enquête nationale visant à déterminer la prévalence des hépatites virales B et C chez les femmes enceintes au Cameroun. Selon le Dr Ada Armelle, chef service de lutte contre les hépatites virales, « les dons reçus d’Africa CDC vont servir à conduire une enquête devant aboutir à l’obtention de la prévalence des hépatites virales B et C chez les femmes enceintes dans notre pays ».
Pour le Dr Landry Tsague Dogmo, chef de la délégation Africa CDC, cette initiative représente « un moment très important de la santé publique au Cameroun ». Il rappelle que les hépatites virales peuvent aujourd’hui être éliminées en Afrique, citant l’exemple de l’Égypte. « Vacciner reste le moyen le plus sûr, mais faut-il encore accepter de se faire diagnostiquer », souligne-t-il.
Produire des données fiables pour mieux agir.
Les hépatites virales sont des maladies silencieuses qui continuent de faire de nombreuses victimes. Selon les données disponibles, elles ont causé environ 1,3 million de décès dans le monde en 2022, soit près de 3 500 décès chaque jour. L’hépatite B représente la plus grande part de la charge de morbidité et constitue une menace particulière pour les nouveau-nés en raison du risque de transmission de la mère à l’enfant. Prévenir cette transmission permet d’assurer une intervention précoce et adaptée, notamment par la vaccination et une meilleure prise en charge. Cependant, le Cameroun ne dispose pas encore de données récentes, fiables et représentatives permettant d’orienter efficacement les décisions publiques.

Le don d’Africa CDC intervient donc comme un levier essentiel dans cette quête de données scientifiques. « Le don reçu n’est pas une simple dotation logistique, il est un investissement dans la connaissance, la prévention des mères et des enfants », explique le représentant du Ministre, le Pr Louis Richard Djock.
Une enquête nationale auprès de 10 000 femmes enceintes.
L’enquête sentinelle prévue concernera 10 000 femmes enceintes réparties dans les six régions du pays. Elle permettra d’estimer la séroprévalence des hépatites B et C, d’établir une cartographie de la maladie et de disposer d’une base scientifique solide pour orienter les politiques sanitaires. Cette étude vise également à renforcer la prise en charge précoce, améliorer la prophylaxie de la transmission mère-enfant et protéger les nouveau-nés dès les premières heures de vie.
Au-delà de la collecte des données, cette enquête permettra également d’évaluer la performance du système de santé publique camerounais dans la prévention, le diagnostic et la prise en charge des hépatites virales. L’objectif affiché est clair : rapprocher la prévention, le diagnostic et les soins des populations, en particulier des groupes les plus vulnérables, tout en réduisant les disparités territoriales. Avec cette initiative, le Cameroun poursuit son ambition d’éliminer les hépatites virales à l’horizon 2030.
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